carnet de route
Posté le 30.01.2008 par costaricabali
Retour a Cahuita
Petit paragraphe sur la nourriture, pour repondre a ta question Cathy.
Ici, nous nous regalons de fruits, qui sont bons marche : bananes, mangues, papayes, ananas, noix
de coco, pasteques, oranges principalement. Les avocats son savoureux mais restent chers, presque
1 euro l'avocat. Pour le reste, ce n'est pas vraiment le festin. Nous cuisinons nous meme la
plupart du temps, essayant de trouver des auberges de jeunesse avec cuisine collective pour
reduire les frais. Quand ce n'est pas possible, nous mangeons dans des sodas, petits restaurants
sans pretention, des casados surtout (dejeuner de l'homme marie) avec du riz, des haricots
rouges, du choux, des bananes plantains un peu de legume et du poulet. Ce pour environ 3 euros.
On trouve des petits sandwiches bon marche, des empanadas, sorte de pate de farine de mais,
fourree de pommes de terre, poulet... Mais nous n'en raffolons pas.
Les jus de fruits frais sont un delice, ainsi que les fruits mixes au lait. La biere locale est
l'Imperiale, quasi monopole au pays, mais Sebastien trouve qu'elle est moins bonne que la Kro.
Au petit dejeuner, ils servent souvent le gallo pinto, du riz et haricots rouges, que Leo adore.
Ils relevent peu leur cuisine, en dehors de la coriandre fraiche que nous utilisons aussi
beaucoup.
Les plantes, ils les reservent pour les soins medicaux. Quelques exemples de recettes testees ou
conseillees. Chacun y va de son astuce et de son conseil en general a la vue d'un bobo chez nous,
afin de nous epargner le cout d'un medecin. Suite aux vomissements d'Isaac, un bouillon de
celeri. Pour les boutons de chaleur, aloe vera ou decoction d'une feuille tres courante dans les
haies. Pour faire disparaitre les bosses d'Isaac : massage a la pomme de terre. Et le plus
etonnant, apres les coups de soleil, massage a l'urine... Chacun y va de son petit conseil que
nous ne suivons pas toujours.
Nous quittons le Pacifique. Golfito, puis San Isidro El General, la grande ville du sud du pays,
pour y passer la nuit. Les trajets en bus sont toujours un peu eprouvants et l'Interamericana, la
meilleure route, reliant les pays d'Amerique centrale, n'a rien d'une autoroute a la francaise.
Les virages de montagne s'enchainent et mettent a mal l'estomac de Sacha. La beaute des paysages
qui se succedent compense ces desagrements, mais pas forcement pour nos voisins...
San Jose, et ensuite Santa Anna, a une vingtaine de kilometres de la ou nous allons rendre visite
a une famille rencontree sur une plage de Manuel Antonio. Un coup de foudre mutuel. Apres 20
minutes d'echange, ils proposaient de nous accueillir chez eux et nous les prenons au mot. Julio
est Salvadorien et Gerti Autrichienne. Ils habitent une jolie maison sur les collines, avec un
garage transforme en salle de musique. Lui est guitariste et auteur compositeur. Elle est
violoniste et leurs enfants Sara 10 ans et Jonas 8 ans jouent du violon et violoncelle. Nous
passons beaucoup de temps avec eux a chanter, danser. Ce sont des instants legers et intenses. On
est la ensemble, a sonder les fondamentaux de l'existence, comme si on se connaissait depuis des
annees. Beaucoup d'emotions de toute part quand nous nous quittons le lendemain en nous
promettant de nous revoir un jour, ici ou la.
Nous retrouvons Cahuita et le Reggae bar. Les touristes sont plus nombreux aux terrasses et au
bord des chemins. L'atmosphere du village nous seduit toujours autant. Nous allons faire nos au
revoir au parc et partons a la journee pour une rando de plus de 12 km. Les enfants sont
recompenses de leurs efforts par les rencontres animales les plus riches que l'on ait jamais eues
: paresseux, singes, serpent, mapache, coatis, papillons... se succedent. Un regal. Seul bemol,
une attaque de sapajou capucin qui se jete sur mon dos pour attraper de la nourriture dans le
sac. L'augmentation des touristes et surtout de ceux qui les nourrissent (parfois a coup de
bananes, or contrairement au cliche, merci Walt Disney, les singes ici n'en mangent pas) les
perturbe.
Nos pieds sont en piteux etat. Sebastien et moi avons jete nos tongues a bout de course a Santa
Anna et avons du rechausser des chaussures fermees. Resultat : ampoules et compagnie. Moralite :
"Quand la tongue est cassee, il est temps de rentrer". Chacun d'entre nous a un pincement au
coeur a l'idee de quitter d'ici peu le Costa Rica. Leo s'est reveille avec envie de pleurer,
parce que c'est "un des plus beaux endroits sur terre". Sacha lui dit que ce n'est pas grave
parce que c'est sur, il reviendra. Apres un vague projet de vente de legumes, il veut maintenant
etre chercheur de tresors sous marins. Leo aimerait faire guide animalier. D'ailleurs il
s'entraine en renseignant tout le monde sur le nom, une particularite, la couleur, des animaux
qu'il maitrise.
Quatre mois, c'est court pour percer le mystere d'un pays. D'autant plus court que beaucoup de
temps et d'energie etaient consacres a nos trois garcons, ce qui est a priori l'objectif premier
d'un conge parental. Car au dela de la decouverte d'une autre culture, de paysages, de
rencontres, c'est avant tout une aventure familiale.
Voila, nous avons partage avec vous quelques uns de ces instants, sans toujours savoir quoi
raconter, qu'est ce qui a son interet ou pas. Tout ceci est assez subjectif, on vous avait
prevenus. Comme des photos, ce sont des petites tranches de vie. Si cela vous dit, on ajoutera
d'autres tranches, aux saveurs asiatiques. Apres moults tergiversations, nous pensons poursuivre
vers l'Indonesie. Mais pas tout de suite. Nous avons de multiples choses a regler avant, trouver
des locataires a notre maison, rallonger notre udget (la vie au Costa Rica etait plus couteuse
que prevue), gerer les consequences du vol... Nous rentrons chez nous quelques semaines.
Un paragraphe de derniere minute. Je finis d'ecrire ces lignes en terrasse. Il est 23 h.
J'entends un gros "pouf" pas loin. Regulierement il tombe des noix de coco ou des goyaves sur
notre toit. Mais ce bruit etait plus sourd, avec avant le "pouf" final, un bruit de feuilles
froissees. Au milieu de la route, l'espece de tas que j'apercois est en fait un paresseux. Un
paresseux a deux doigts, Unau d'Offman, espece nocturne, plus difficile a observer que son cousin
diurne. Je sors Sebastien du lit et nous observons l'animal qui est toujours en vie, mais
immobile. Avec l'aide de passants, nous le deplacons sur le bas cote de la route afin qu'il ne se
fasse pas ecraser. Le paresseux est sonne, plutot normal apres une chute de plus de 10 metres.
Mais il plante neanmoins vivement ses griffes aceres dans les mains de Sebastien. Un comble de se
faire prendre de vitesse par un paresseux sonne...
Le paresseux commence a se mouvoir. Rien ne semble casse. Il s'installe sur la ballustrade de
notre terrasse, le temps de se remettre de ses emotions. Nous reveillons Leo et Sacha. Mais
encore endormis ils restent sans reaction face au paresseux. Le lendemain, ils ne se rappellent
de rien. Et la bete sanguinaire a disparu. Laissant a Sebastien une petite blessure de guerre.
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Posté le 30.01.2008 par costaricabali
Peninsule de Osa
A l'extremite sud de la cote Pacifique,Golfito est une petite ville portuaire qui s'etire le long
du littoral, avec en arriere plan des versants abruptes de jungle. Nous y passons la nuit, avant
de prendre un bateau pour traverser le Golfo Dulce, direction Puerto Jimenez. Ce golfe, avec ses
eaux emeraude et ses reliefs verdoyants est assez grandiose. Les lumieres ici comme ailleurs dans
le pays sont extraordinaires et n'ont rien a envier a celles d'Irlande. Sous un ciel souvent
plombe, les verts et ocres ressortent incroyablement en fin de journee. Puerto Jimenez etait
l'autre destination a laquelle nous avions pense avant notre depart, pour poser nos valises. Nous
avions renonce en pensant que c'etait peut etre un peu trop isole de tout. Les quelques touristes
qui arrivent ici, souvent bien creves d'heures de bus cahotiques, viennent surtout randonner dans
le parc de Corcovado, un des plus sauvages qui soit. Mais la ville en elle meme vaut le detour.
La nature y est bien presente. Des iguanes traversent les ruelles, des troupeaux de perroquets
survolent assez bas les maisons, des cfrocodiles barbottent dans la riviere, des toucans se
posent dans les arbres qui bordent la plage et surtout, ce qu'attendaient les enfants, des
couples d'ara macao (grand perroquets rouges), se becotent, sans grande discretion. Les ara
macao, comme la plupart des perroquets, sont toujours par deux et se choisissent pour la vie.
Puerto Jimenez est une ville vivante, animee, avec une activite portuaire. Le Golfo Dulce est
riche en poissons, mais aussi en dauphins et baleines, tandis que certaines rivieres, elles,
charruent quelques pepites d'or, oh, oh. Des chercheurs d'or sont eparpilles un peu partout dans
la foret en quete de cailloux jaunes. Nous aimons l'atmosphere de cette ville poussiereuse, avec
sa plage tranquille ou barbottent les enfants du coin, face aux reliefs du Panama que l'on
duistingue de l'autre cote du golfe. Des vieux 4x4 branlants slaloment entre les nids de poule et
l'on croise des sacres gueules, des baroudeurs de la foret, parfois coiffes de chapeaux de cow
boy dans lesquels sont plantes deux ou trois plumes. On se dit qu'on se serait plu a vivre ici
aussi.
Nous partons a l'aube en balade a la journee vers Cabo Matapalo, a 18 km, dans un taxi
collectivo, sorte de betaillere dans laquelle alignes sur deux bancs, on admire le lever du jour
cheveux au vent, par dessus la cabine du conducteur. Matapalo est une pointe qui s'avance dans
l'ocean Pacifique et qui marque l'entree du golfe. Un endroit de reve, des forets avec quelaues
villas parsemees dans la vegetation et des plages incroyables. Nous nous baignons au milieu des
pelicans bruns, qui plongent a moins de 10 metres de nous et nous les observons filtrer l'eau
avec leur bec comme une passoire, avant de faire descendre le poisson dans leur gorge. Sur la
plage, de nombreux pecxheurs se relaient du matin au soir en famille. Ils commencent par pecher
de minuscules poissons argentes en lancant un filet, pour en faire des appats vivants et pecher
de plus grosses prises. Pour ne pas faire des allers-retours vers la plage, l'un d'eux stocke ces
petits poissons fretillants sous sa casquette... Ils lancent leur ligne a la main, sans canne.
Celle ci est simplement enroulee sur une bobine. Sebastien avait teste le systeme en Norvege,
avec la ligne enroulee sur une simple boite de conserve. Mais le poisson l'avait boude.
La couleur de l'eau est incroyable. On dirait du lait turquoise. Parfois, dans le haut de la
vague, on apercoit par transparence, de beaux poissons et aussi des tortues au milieu desquelles
jouent les surfeurs. Pour clore la journee, des singes arraignee se jetent litteralement d'arbre
en arbre. Un superbe ballet aerien.
Le lendemain, nous prenons un vieux bus retro, pour nous enfoncer dans la peninsule d'Osa, a 1 h
d'ici pour Dos Brazos, un ancien village de chercheurs d'or. Les grosses cooperatives ont deserte
la place depuis que le filon s'est amenuise. Mais quelques aventuriers a leur compte achetent
encore parait il parfois leurs cigarettes au village avec un peu de poussiere d'or. Nous marchons
une heure dans la jungle sur un etroit sentier escarpe, traversons el Rio Tigre pour rejoindre
une cabane perchee dans la foret, dans laquelle nous passons une nuit. Un chien nous accompagne
depuis le village, il redescendra avec nous le lendemain, pas rassure de rester tout seul. Nous
sommes seuls dans cette cabane sans murs, avec pour compagnie un scorpion au plafond et quelaques
chauve souris, sans competr le paquet d'animaux qui brassent autour. La p´leine lune eclaire le
triangle de mer que nous distinguons au loin. Les enfants couches, nous explorons les alentours a
la frontale, pour voir quelques belles grenouilles, mais pas trop loin quand meme, ca grouille de
serpents ici et notre temerite a ses limites. La jungle resonne de 1000 bruits, avec les cris des
singes hurleurs juste avant l'aube. Les enfants dorment sereins, pas du tout perturbes par cet
environnement inhabituel. Le matin, nous hallucinons de voir debarquer un policier arme d'un
fusil et un gardien du parc, en sueur. Ils traquent les braconniers et ce n'est pas une mince
affaire.
retour a Puerto Jimenez que nous n'arrivons pas a nous resoudre a quitter. Nous prolongeons un
peu notre sejour. Notre logeuse, une Tica d'une soixantaine d'annees, veut nous vendre du terrain
par ici, 25 hectares avec cascades et arbres fruitiers, pour en faire une ferme de cafe. Elle ne
veutr pas la vendre a des Americains (qui achetent de la jungle un peu partout) ni qu'on y pose
un hotel. Une famille remuante comme la notre, ca l'inspire. Nous ne nous projetons pas en
agriculteurs costa ricains et preferons continuer a voir a quoi ressemble le monde ailleurs.
Posté le 29.01.2008 par costaricabali
Fin janvier 2008
Les trois jours prevus a Orosi se sont transformes en 8 jours et encore, nous sommes partis parce
que notre chambre etait louee a d'autres. Les amities naissantes a l'auberge et le calme de ce
village ont apaise nos incertitudes. A Orosi, la nature s'offre sans fioritures, pas de tours
operators a chaque coin de rue. Nous savourons les balades a travers les plantations de cafe,
dont la cueillette a commence, et le long des rivieres, et ce, malgre les averses quotidiennes.
Nous poursuivons vers la capitale, San Jose, sans grand enthousiasme. Mais c'est une halte
obligatoire afin de refaire de nouveaux passeports. Direction l'ambassade donc, ou la curiosite
de Leo trouve encore a se satisfaire. A quoi ca sert une ambassade ? Y'en a dans tous les pays
?...
Et puis petite visite au commissariat central de San Jose... Un habitant de Orosi auquel nous
avons raconte nos deboires, nous a signale que les infos TV annoncaient l'arrestation de
Colombiens specialises dans le vol des touristes. Les policiers avaient retrouve un ordinateur
dont ils cherchaient le proprietaire... Sans grandes illusions, nous sommes quand meme alle voir
sur place. RDC 1 bureau, 2 bureaux, puis 1er etage, au fond du couloir a droite, ah non, c'est au
2e, section vol, ah non, faut voir l'inspecteur responsable de l'enquete et blablabla... et on
ressort 3h plus tard bredouilles.
Bon, histoire de mettre un peu de culture dans cet univers parfois kafkaien, nous emmenons les
enfants visiter el museo de los ninos. Un ancien penitencier transforme en musee des enfants.
Fallait oser. Les enfants adorent, tout est interactif, et Leo qui bouillonne en permanence
d'interrogations, ne sait plus ou donner de la tete. Ici des infos sur les volcans, simulation de
tremblements de terre, la les planetes, plus loin le corps humain... Un regal pour eux,
legerement plus ludique que le commissariat.
Nous deambulons dans San Jose. Les habitations sont basses, en prevision des possibles
tremblements de terres. Quelques belles batisses coloniales, mais le reste nous semble bien
defigure par d'epaisses grilles de fer forge qui cloturent cours, portes et fenetres, comme dans
tout le pays, sauf sur la cote caraibe, qui nous semble etre moins sur la defensive. Les
habitants se barricadent et cela n'inspire pas la tranquilite... Plus d'un tiers des Costaricains
vivent a San Jose. Cela brasse beaucoup. Beaucoup trop pour nous.
Nous logeons dans une auberge de jeunesse assez etonnante au coeur de cette jungle urbaine, avec
une piscine entouree d'un jardin tropical, dans lequel le concert des klaxons et le sifflement
des trains supplantent le chant des oiseaux. Les enfants s'y defoulent, apres les randos en rang
serre sur les trottoirs. Un gros turn over dans cette auberge et quelques personnages decales,
comme Tim, un Americain retraite, marxiste convaincu, desabuse, pendant que Bush est le pire
president que les Etats Unis aient jamais connu. Les belles idees passent apres les interets
economiques. Bel orateur, ambitieux, Tim se serait bien vu un jour president. Mais il n'a plus le
gout de rien. Il lit Platon le matin et ne fait rien le reste du temps, reve d'ouvrir une
guitoune sur le trottoir de la ville pour recueillir les doleances des Ticos envers les
Americains. Lors de notre premier echange, Tim nous parle des vols dans la ville, disant qu'ici,
il n'y a que les cons qui se font voler. Ben ouais, nous rions ensemble de sa bevue... Donner le
biberon a Isaac et observer les enfants patauger dans la piscine lui redonne du beaume au coeur.
Il est la depuis six semaines et ne connait encore rien du Costa Rica. Pas l'envie d'aller plus
loin. Mais six semaines nous dit il c'est rien. Il y en a un qui est ici depuis un an et demi.
Bon, et ben nous on est content de refaire notre valise.
Un petit detour quand meme pour rencontrer Magda, une amie d'une amie (bonjour Brigitte), qui vit
sur les hauteurs de San Jose. L'occasion d'echanger un peu plus sur la politique du pays. Magda
est ecrivain et prof de litterature a l'universite, femme de gauche convaincue. Convaincue mais
un peu desabusee car pour elle, son pays se trouve pour la premiere fois divise. le 7 octobre
2007, les Ticos ont vote un referendum. Pour resumer succintement, pour ou contre faciliter les
echanges economiques entre l'Amerique centrale et les Etats Unis. Le traite est passe juste,
suivant les consignes de vote du president Oscar Arias. La population est partagee. Mais ici,
nous dit Magda, les gens ont vote librement, ce qui n'est pas le cas de nombreux pays en Amerique
centrale ou les memes referendum ont donne lieu a de nombreuses pressions et menaces. Les choses
risquent d'evoluer rapidement et pas forcement a l'avantage des locaux. Avec l'implantation ainsi
facilitee d'entreprises americaines, les opposants redoutent que les Costa Ricains ne servent que
de main d'oeuvre a bon marche pour les actionnaires etrangers. 700 000 residents americains
vivraient au Costa Rica et Magda, comme d'autres, se sent parfois depossedee de son pays. Malgre
ses desillusions, elle aime profondement sa terre et nous savourons en sa compagnie le soleil
couchant sur la vallee centrale et ses montagnes, avec au loin, un triangle de Pacifique et les
lumieres de San Jose. A la lueur des bougies, nous fredonnons quelques airs francais qu'elle a
garde en memoire : Au Clair de la lune, Le temps des cerises...
Nous quittons la capitale pour la cote Pacifique, direction Quepos et le parc de Manuel Antonio.
Pour gouter un peu de la tranquilite, nous faisons l'ouverture a l'aube, y retrouvant d'autres
Francais, rencontres a Tortuguero, installes la bas pour y monter un projet environnemental
encore flou. Cela nous arrive souvent de recroiser les memes personnes a des endroits differents.
Le Costa Rica reste un petit pays. Bel endroit que ce parc aux plages tranquilles, aux forets
riches... Mais aux sentiers surpeuples de touristes. Les sapajous capucins et les mapaches
envahissent la plage pour chaparder quelques restes de pique nique. Nous voyons les animaux de
tout pret. Mais cette nature qui quemande, c'est un peu pathetique.
Nous ne nous y attardons pas et poursuivons plus au sud, vers Uvita. Plus de trois heures de bus
sur les routes caillouteuses, les nids de poules succedent aux nids de poules... Le Costa Rica a
quelques portions de route d'anthologie. Mais il parait que c'est parfois volontaire, pour
decourager les touristes...
Uvita est un petit bijou. Une plage magnifique de plusieurs kilometres, sur laquelle se jetent
des rivieres, avec en toile de fond la montagne recouverte de jungle. Des notre arrivee,
rencontre avec un aigle pecheur, un poisson entre les serres. Et en retrait de la cote, de belles
marches entre les bambous, dans la foret, vers les rivieres et cascades. Nous trouvons des
tobogans et jacuzzis naturels, des cascades et de grandes vasques dans lesquelles nous pouvons
nager et plonger. Nous croisons ici comme ailleurs, de nombreux chevaux en liberte ou montes par
des Ticos qui les utilisent pour acceder aux endroits recules. Nous passons plusieurs jours dans
ce coin tranquille, encore peu frequente. Mais les changements arrivent vite. Un supermarche a
ouvert depuis peu le long de la route centrale nouvellement goudronnee et les travaux vont bon
train un peu partout. Ici, les villas luxueuses d'Americains se multiplient. Un Tico avec lequel
nous nous baignons est convaincu que les Etats Unis veulent faire de l'Amerique centrale une zone
de villegiature, a deux heures de vol. Ce sont d'ailleurs les memes Americains (mais aussi
Suisses, Allemands, Hollandais, Francais... Car ne sommes nous pas tous Americains ?), qui ont
contribue a la creation et au financement des parcs nationaux... Pendant que leurs compatriotes
achetaient les plus belles parcelles du littoral, pour y construire residences, hotels de luxe ou
cabanes d'aventuriers.
De retour de la plage, a la nuit, nous retrouvons avec surprise dans le bus, au milieu de nulle
part, nos amis irlandais d'Orosi, et nous passons un bon moment a parler tard le soir. Ils nous
racontent avec delice leurs rencontres plus au sud avec des chercheurs d'or.
Toujours plus au sud, nous poursuivons vers Golfito. Nous attendons plus de deux heures le bus,
les enfants apprennent la lenteur et la patience. Dans les bus souvent bondes, nous sommes
souvent separes. Cela permet a chacun de faire un bout de conversation avec nos voisins, les
enfants compris. Sacha met des O et des A un peu partout a la fin des mots, fait des essais.
Les femmes costaricaines sont toujours pomponnees jusqu'au bout des ongles, quelles que soient
les circonstances. Elles ont des formes genereuses qu'elles devoilent sans complexe. Decolletes
et talons aiguilles, au mepris des entorses potentielles dans les nombreux trous des trottoirs.
Ados, elles aspirent surtout a devenir maman et il n'est pas rare qu'elles aient leur premier
enfant a 17 ans. Ici, la moyenne par famille est de 2,2 enfants. Mais il y a des exceptions,
comme cette femme dans le bus qui me disait avoir huit enfants, huit garcons...
Posté le 06.01.2008 par costaricabali
Debut janvier 2008
L´année s´est terminée pour nous avec un gout d´amertume. Nous avions quitté Cahuita pour trois semaines de vadrouille dans le pays, mais notre périple a pris un tournant après 6h de trajet en bus assez fatiguantes, quand on nous a volé dans un bus à Cartago un sac contenant nos passeports, billets d´avion, argent, ordinateur... Un bus bondé, un moment d´inattention, chacun un enfant sur les genoux, et nous nous retrouvons le bec dans l´eau. Voilà, nous expérimentons les désagréments du voyage. Les enfants découvrent la vie d´un commissariat, les procédures d´identification..
Sur l´ordinateur était stocké notre texte pour le blog, avec des photos, prets à etre envoyés. Nous n´avons pas de copie des photos, et nous n´avons pas le coeur à ré écrire notre bafouille. Nous pouvons tout de meme vous en retracer les grandes lignes. Nous vous parlions des fetes de Noel ici, d´une virée dans la ville de Limon, bruyante, défraichie, défrayant régulièrement la chronique avec ses faits d´hiver. Les commerces sont de véritables cavernes d´Ali Baba, où l´on trouve pele mele frigos, brosse à dents, aquariums, tournevis, presse citrons.., comme un village qui serait devenu une ville sans s´en rendre compte, chaque commercant se faisant une fierté que le client trouve son bonheur chez lui. Limon est une ville portuaire où croisent au large porte conteneurs ) de bananes surtout) et paquebots de croisière. Nous évoquions la United Fruit, grande productrice de bananes, dans des conditions pas toujours ¨honorables¨ ) emploi de Nicaraguaiens ¨meilleurs marchés¨ que les locaux, utilisation de nombreux pesticides, dont certains interdits en Europe).
Nous décrivions la vie quotidienne au Reggae Bar, les enfants qui se melent à la vie qui brasse autour de nous, Sébastien qui grimpe au cocotier pour faire des pipas fraiches au troupeau d´enfants, moi qui me fait tresser les cheveux à l´africaine par les femmes qui passent leurs journées à tchatcher et à se coiffer les unes les autres. Léo a parfois du mal à se concentrer sur les lecons du CNED, d´autant plus que les enfants ici sont en vacances pour deux mois, et tournicottent autour de nous. Sacha respire la joie de vivre, est content de tout, voudrait vivre toute sa vie au Costa Rica! Et Isaac prend son indépendance et va au bistrot d´en face avec sa copine Naya du meme age, se déhancher sur le reggae, qui pour notre part, nous sort par les trous de nez.. Nous découvrons le calypso, un style musical typiquement caraibéen, melant rythme et humour. Un des grands chanteurs local, Walter Ferguson, vit à Cahuita. Il y a enregistré son 1er album il y a 5 ans, à l´age de 83 ans. Jusque là il vendait des enregistrements bidouillés aux touristes de passage. Fort du succès de ce 1er disque, il en a enregistré un 2ème, deux ans plus tard, toujours dans sa maison, dont les murs étaient bardés de matelas pour camoufler le bruit des coqs, chiens et perroquets. Ce sont des ballades agréables à écouter, des chroniques de la vie de village. Et il a de la gueule le papy! Y´a un p´tit coté Buena Vista Social Club avec cette histoire...
Pour renouveler notre visa, nous avons fait une escapade sur l´archipel de Bocas del Toro au Panama. Un semis de verdure sur une eau turquoise, aux maisons multicolores posées sur pilottis. On passe d´iles en iles sur de petits rafiots à moteur, il n´y a pas de voitures, sauf sur Isla Colon, dont nous traversons la jungle en bus. Isaac vomit sur les genoux de Sébastien, et Sacha sur les miens, mais cela ne nous empeche pas de profiter de la beauté du décor de Playa Drago, plage de reve, étoiles de mer à foison, dauphins à l´horizon, dame nature est parfois bien généreuse! Nous participons à une fete de Noel au village de Bocas, allumage du sapin, chants de Noel version salsa, feux d´artifice )un toutes les dix secondes, on a le temps d´en profiter), les enfants sont ravis. Le matin au réveil des perroquets se posent sur notre balcon, et picorent meme de la coco dans nos mains. Le Panama nous semble mieux doté en infrastructures que son voisin. Les gens nous le confirment, depuis maintenant 6 ans que la gestion du canal est revenue au pays, cela porte ses fruits! Sauf pour le pont frontière, vieux de 100 ans, qui nous fait halluciner par sa vétusté! Nous le traversons à pied, valises sur les épaules, en regardant bien où nous posons nos tongues, effarés d´y voir passer derrière nous d´énormes camions chargés de bananes.
Voilà, nos visas sont renouvelés, mais à Cartago, suite au vol, de multiples questions se posent. A la perte financière s´ajoute le coup au moral, cela accentué par le départ de la locataire de notre maison en France, dont nous n´avons pas trouvé de remplacant. Quelques jours sont nécessaires pour refaire surface et y voir plus clair. Des rencontres chaleureuses nous réconfortent, comme cette famille costaricaine qui descend avec nous du bus pour nous conduire au commissariat, puis nous accompagne jusqu´à l´hotel, nous glissant un billet dans la main, me prenant les bras et récitant à voix haute une prière pour nous.
2007 se termine au commissariat, et l´année redémarre en haut du volcan Irazzu, où nous allons nous ¨laver¨ la tete aux aurores. Nous posons nos valises dans le village d´Orosi, au coeur d´une charmante vallée où se succèdent plantations de café et rivières tulmutueuses )85% de l´énergie au Costa Rica est fournie par l´eau, le reste par la géothermie). Nous nous apaisons dans ce décor bucolique, et nous nous remotivons notamment au travers des échanges à l´auberge où nous vivons. Hier soir nous avons partagé notre repas, dont un pudding de Noel, avec des irlandais, un père venu rendre visite à son fils voyageant depuis 6 ans autour du monde, une allemande qui travaille au Salvador, un hollandais né en Indonésie... Chacun est riche de ses histoires, et ca nous redonne l´envie de poursuivre nos découvertes. Nous allons probablement devoir réduire la durée de notre séjour en Indonésie, mais rien n´est arreté encore, la réflexion se poursuit. Vos multiples messages nous aident à garder un oeil et une oreille de l´autre coté de l´Océan )et le coeur aussi bien sur!), comment pourrais t on dire, l´éloignement parfois favorise le rapprochement? Euh... à méditer! Feliz ano nuebo ou que vous soyez!
Posté le 09.12.2007 par costaricabali
Suite du carnet de route, fin novembre 2007
La pluie a fini par arriver. Et pas qu'un peu. Des averses torrentielles rendant inaccessibles de nombreuses routes et villages, aux maisons inondées. Le déluge a battu des records. Sébastien a décrypté dans le quotidien "la nacion", que 2007 était l'année la plus pluvieuse depuis 50 ans.. Y'aurait pas du dérèglement climatique dans l'air?
Nous avons posé nos valises dans une cabina pas chic et pas cher, le Reggae Bar ça s'appelle, et le Reggae Bar c'est plutôt ringard, mais on est sous le charme. Face à nous, la mer. A gauche, le bar restaurant où traînent plus d'habitués que de touristes, avec les mêmes morceaux de reggae qui reviennent en boucle toute la journée ("lively up yourself", "get up stand up", "I shot the sherif", et soirs de fête, quand ils sont en forme, ils se déchaînent sur la musique de "fame"!)
Ici ça grouille d'enfants. Y'a Yennel qui ne marche pas, mais danse et virevolte, avec un ipod vissé aux oreilles, et enchaîne les chorégraphies; Ryan, fan de foot, qui n'hésite pas à s'étaler de tout son long dans la boue pour sauver un ballon d'un but constitué de deux noix de coco; y'a Nair, 3 ans, qui n'arrête pas de jacasser et qui n'est pas désespérée que l'on n'y comprenne pas grand chose; y'a le chien, Mocky, qui a établi ses quartiers sur notre terrasse (c'est notre chien de vacances, comme disent les enfants)...
Notre voisin, bien sympathique, est un artiste peintre dans la lignée du style caraïbe très coloré, pas trop énervé du pinceau, qui connaît trois mots de français et les met à toutes les sauces "ça va bien?" pour dire bonjour, "ça va bien?" pour dire au-revoir, "ça va bien?" pour dire merci..
On a nos repères horaires, "tiens, c'est le troupeau de 7h!": tous les matins une dizaine de chevaux galopent en liberté sur la plage, histoire de se mettre en forme avant de faire du promène-touriste. Les escadrons de perroquets survolent la maison à 17h30, en faisant des bruits de roues de vélo mal huilées.
"Nos" vendeurs de légumes ont suivi notre déménagement, les relations sont de plus en plus chaleureuses malgré nos échanges assez basiques, ils nous offrent tantôt une pastèque, tantôt des oignons blancs qu'ils ont mis de côté pour nous, contre un verre de jus d'orange.
Une renault 6 s'est posée un soir devant nous dans le jardin. "De argentina a mexico", bariolée de tous les drapeaux des pays traversés. L'aventurier se faisait un voyage à la "che guevara", il espérait trouver l'amour avec son carosse de métal, mais il n'en ramène que le chagrin qu'il promène depuis la Colombie. Mais son voyage n'est pas fini.
L'autre soir un Tico s'est installé devant nous dans le noir avec sa flûte traversière, pendant que son amie jonglait avec des bolas de feu, petit moment de poésie savoureux (il ne manquait plus que Gildas pour cracher du feu!).
Pas de singes ici dans le jardin plus dégarni, mais des oiseaux, écureuils, lézards, quelques cafards aussi, et des paresseux qui se baladent le long des fils électriques.
Sébastien s'est mis au surf, les enfants en profitent aussi et se régalent, surtout Léo, avec un sens de l'équilibre plutôt aiguisé.
Voilà un peu le décor quotidien.
Mais le Costa Rica ne se limitant pas à Cahuita, on a donc fait une petite valise (ça fait quand même encore quelques kilos !) pour aller voir un peu à quoi ressemblait ce pays. Au programme: Tortuguero, La Fortuna et le volcan Arenal, et pour finir, les forêts de nuage de Monteverde.
Tortuguero est un village au nord de la côte caraïbe, inaccessible par voie terrestre, seulement par voie fluviale. Ces canaux ont été créés pour relier rivières et lagunes naturelles. Nous avons pris un petit bateau à 3/4H d'ici, pour un voyage au fil de l'eau, entourés de jungle. 4H de régal à observer la nature autrement. Quantités d'aigrettes, hérons, spatules rosées, jacanas, cormorans, pélicans, tortues de rivière, paresseux, loutres, iguanes, et le must, des crocodiles.. Des gros, des vrais, tout prêt, même pas dans un zoo... Ils restent bien immobiles comme des statues, puis subitement se déplacent avec vivacité. Isaac a hurlé quand l'un d'entre eux a frôlé le bateau. Il préfère les singes, et nous aussi, c'est quand même un peu inquiétant ces grosses bestioles.
Quelques plantations de bananes, des vaches qui broutent tranquilles, de modestes habitations qui semblent sorties de nulle part, des petites barques de pêcheurs toutes frêles.
Le village de Tortuguero se perd dans la jungle, on devine à peine les premières maisons. C'est l'agitation fluviale qui signale que la vie humaine n'est pas loin. De nombreux bateaux de touristes se croisent et s'entrecroisent dans tous les sens. Tortuguero ("le lieu des tortues") c'est la maternité des tortues. 4 espèces de tortues marines sur les 8 qui existent au monde viennent y pondre leurs oeufs (les tortues luth, vertes, tortues imbriquées, et tortues caouannes), alors ça appâte le touriste, comme nous. Sauf que c'est pas la saison, les oeufs sont déjà là. Les bébés pointent le bout de leur nez, que l'on ne verra pas malgré un lever à l'aube. Nous verrons seulement les nids et coquilles vides, et les traces de leurs petites nageoires pour rejoindre la mer. Et des cadavres de nouveaux nés noyés dans leur nid par la pluie. En effet bien que ce soit une des régions les plus arrosées du pays, il est tombé des trombes d'eau inhabituelles sur Tortuguero la semaine avant notre passage. Les maisons sont entourées d'eau, les ruelles ruissellent, tout le monde patauge gaiement, les villageois prennent ça avec bonhommie. Pour nous, balade sur la plage et petit canoë à rame. Les enfants nous épatent par leur stoïcisme, et restent tranquilles 3h alors qu'on se prend des sceaux d'eau sur la tête, et qu'il ne faut pas bouger d'un poil au risque de déséquilibrer l'esquif : autour de nous le crocodile guette..
Pour rejoindre le monde terrestre, 2H en canot à moteur, à fond dans les méandres, à slalomer parfois entre les arbres flottants. Gros bain de jungle. La tronçonneuse posée à l'avant guette l'embuscade. Un vrai délice à nouveau. Décidément, Tortuguero et ses canaux nous ont conquis.
4H de mini-bus nous attendent ensuite, pour rejoindre le village de La Fortuna et le volcan Arenal (vers le nord-est du pays). Nous longeons des bananeraies, plantations de café (c'est la première fois que nous en voyons, c'est toujours grisant d'observer comment les plantes se développent!), prairies à boeufs, villages. Progressivement le paysage prend du relief. Le volcan, en activité (dernière grosse éruption en 1968), apparaît au loin, avec sa forme conique parfaite. Sur le coup, nous ne mesurons pas notre chance de le voir tel quel, car bien souvent les nuages masquent ses contours. Adieu les coulées de lave que nous espérions voir dans la nuit.
La Fortuna, plaque tournante de toutes les propositions touristiques: saut à l'élastique, rafting, ponts suspendus, balades équestres, canyoning, sources chaudes, ferme aux crocodiles, aux papillons... Pas question de laisser le touriste baguenauder inactif et les poches pleines. Ce volcan est une vraie poule aux oeufs d'or. Si demain il se rendort, adieu dollars et compagnie. Y'a aussi un côté station de ski, sans les skis, mais avec un télésiège qui passe au-dessus d'une coulée de lave !
Balade à la catarata de La Fortuna (chute d'eau de 70M), et plouf appréciable à ses pieds bleu turquoise dans un écrin de verdure, malgré un léger crachin. On cède à la consommation touristique et on se fait une bonne rando sur des sentiers et ponts suspendus. Mais pas de regrets. Pas la foule, et 3H de marche dans la forêt et sur une dizaine de ponts suspendus, certains à plus de 40M. C'est assez grisant pour les enfants, et pour nous aussi! On est au sommet des arbres, on voit la nature autrement, tout un tas d'oiseaux aux couleurs chattoyantes, et aussi des serpents perchés en haut des arbres!
Plouf dans les sources chaudes du volcan, on évite les sites chers et bondés, et on se retrouve dans des bassins pleins de collégiens et giennes, en sortie de fin d'année. Un vieux poste diffuse du rock à l'eau de rose, les jeunes ticos et leur prof de français s'enthousiasment devant les enfants, leurs offrent des glaces, ballons, Isaac passe de bras en bras. Sébastien enfile son maillot discrètement, et dans sa précipitation pudique, se coince le gros orteil dans l'élastique, vacille sur un pied les fesses à l'air, rétablit l'équilibre tant bien que mal, et reprend pied, lourdement... sur l'appareil photo...gloups.. notre "témoignage visuel" s'arrête donc là, restent les mots et nos images intérieures!
Première location de voiture pour s'échapper des parcours des bus, et charmante escale au village d'El Castillo perché sur les collines, avec vue imprenable sur les flans du volcan, et sur les eaux du lac Arenal (lac artificiel de 88km2 crée pour constituer un barrage hydroélectrique).
Le lendemain nous traversons ce lac en bateau, sous un crachin presque breton, pour accéder à la rive d'en face. Le paysage se devine dans la brume, du relief vert, et là, quelque-part derrière nous, le volcan qui bouillonne. Puis des chemins de caillasse plus que douteux, pendant 3H en mini-bus, au coeur d'un décor bucolique tenant à la fois de l'Irlande et de la Suisse, des collines vallonnées (qui font penser à des boîtes à oeufs, ou à des pistes rouges bosselées, ça dépend des références!), des troupeaux de vaches qui font des taches blanches dans la verdure, et quand un rayon de soleil perce la brume, c'est de toute beauté.. Nous voilà fourbus à Santa Elena.
Santa Elena et Monterverde (village de Quakers) sont un peu des incontournables au Costa Rica, pour leurs forêts de nuages, et aussi pour l'observation du quetzal. Cet oiseau mythique, symbole de liberté (il semble qu'il ne puisse survivre en captivité), emblème du Guatemala, attire tout un tas d'ornithologues. Bon, nous on n'était pas à la bonne période, et il aurait fallu que le quetzal soit sourd et aveugle pour que nous ayons une chance de l'approcher, avec nos trois énervés, se poursuivant battons en main à travers la forêt. Mais à elle seule, la réserve de Santa Elena vaut le détour. Comment la décrire? Elle est "moussue"; mousses et lichens habillent complètement troncs et branches (un casse tête de scout pour trouver le nord !), et une déclinaison de verts, clair, foncé, moyen clair et, euh.. des ruisseaux. ah oui, aussi de la brume et de la bruine. Enfin, c'est assez étonnant, et boueux, Sacha va même s'en couvrir de la tête au pied en plongeant dans un fossé. Cet environnement reste assez préservé grace à ses routes volontairement pourries, mais c'est quand même un gros départ d'activités "éco-touristiques bo-bo". Nous logeons dans une sorte d'auberge de jeunesse, où ça brasse toutes les langues (enfin dominante d'Américains quand même), tous types de cuisine à n'importe quelle heure, des guitares sont de sortie. C'est assez bon enfant comme ambiance, plutôt jeunot, nous détonnons avec nos trois loustics. Mais au bout de trois jours, on perd de vue où on est, notre reggae-bar plus "trash" nous manque un peu.
Nous nous surprenons à prendre plaisir à parcourir le supermarché du village, bien achalandé comparé à Cahuita.
Le lendemain, virée pédestre au "bosque eterno de los ninos" (forêt éternelle des enfants). Une jolie histoire, que nous souhaitions faire découvrir aux enfants. En 1987, une instit suédoise, après un séjour dans ce bout de monde, a sensibilisé sa classe à la déforestation et à toutes ses répercutions pour la biodiversité. Un de ses élèves a alors proposé de racheter avec ses économies une partie de la forêt, pour la laisser en paix. Le mouvement était lancé, et après de nombreuses écoles suédoises, 48 pays ont aujourd'hui cotisé pour préserver plus de 22 000 hectares (et ça fait des "petits" ailleurs, l'ICRN, International Children's Rainforest Network touche notamment l'Equateur).
Après une autre rando dans une autre réserve, nous sommes arrivés à saturation de la consommation du tourisme éco-vert. Tout est bio ou éco-quelquechose. Les sentiers aménagés sont soit dans les parcs nationaux soit dans des parcs privés. Aussi payants les uns que les autres. Outre la faune et la flore incroyables, on n'y rencontre pas de bûcherons, mais des guides ornitho pour touristes ou des touristes. Le dernier jour, quand on a voulu faire du hors piste, on s'est retrouvé à marcher au bord de la route, dans la poussière des voitures. Bon le positif c'était la vue dégagée superbe, sur les collines verdoyantes et sur le golfe et presqu'île de Nicoya. Et les rencontres authentiques. Ainsi un tico grisonnant, chapeau de cow-boy, ceinturon, santiags en croco rouges pétantes, petite moustache, nous accompagne un bout de chemin. On a beau lui dire "hablamos un poquito espanol", il tchatche à toute bringue, sourire aux lèvres. Pour reprendre son souffle, il sort une fiole de vodka, en descend une bonne dose, puis la balance allègrement dans le fossé en déclamant hilare "pura vida"! C'est le slogan du Costa Rica : la vie pure...
Un trajet de 10 heures en bus nous attend pour retrouver Cahuita, les cours du CNED pour léo, et nos petites habitudes. Les enfants nous ont bluffé à encaisser si bien ces kilomètres souvent cahoteux, dans tous types de transport, les randonnées de plusieurs heures sous tous les temps. C'est bon, on peut continuer...
Salutations à tous, merci pour vos commentaires sur le blog ou notre mail, y hasta luego!
(phrase du jour: allongés sur le sable avec Sacha après une bonne baignade, je lui demande à quoi il pense: "je pense que la bie est velle!")
Posté le 04.11.2007 par costaricabali
CARNET DE ROUTE
Le voyage était un peu long pour arriver jusqu'ici. Pour avoir des tarifs corrects, Nous sommes passés par Londres, puis Miami. Les enfants étaient excités de tout, des escalators, des écrans avec écouteurs dans l'avion, en passant par les repas assez immangeables de British Airways! A londres, dans la navette qui nous menait d'un aéroport à un autre, Sacha s'est étonné de ne pas voir le chauffeur à gauche, "mais qui conduit le bus?"!! De nombreux indous parmi le personnel de l'aéroport, avec leurs turbans sur la tête, une langue inconnue pour eux, et en route pour le dépaysement! Ils ont fini par s'écrouler tous les trois dans l'aéroport de Miami, et n'ont rien vu de notre dernière étape aérienne. A l'arrivée, heureusement une voiture nous attendait pour nous conduire à l'hotel, parce que nous étions tous au radar, le lit parapluie était resté à Londres, et nous n'en pouvions plus des passages à la douane!
Petite expédition à Alajuela près de l'hotel le lendemain pour acheter des tongues aux enfants. On s'étonne de voir de nombreux commerces fermés, c'est férié aujourd'hui? En fait il n'est pas 8h du matin, quelques difficultés à nous remettre du décalage horaire... Le coeur de la ville s'éveille progressivement, il fait bon, les gens sourient sur notre passage, surtout sur celui de sebastien qui a beaucoup de succès avec isaac sur son dos. Nous achetons nos premières bananes dans les dédales d'un marché couvert. Sur la jolie place centrale devant laquelle trône une très belle cathédrale blanche, des pigeons se posent sur nos sacs à dos, et des écureuils mangent des cacahuètes dans les mains des enfants, la nature ici est bien citadine!
Le lendemain nous prenons le bus pour Cahuita, sur la côte caraïbe. C'est la destination que nous avons choisie à distance pour nous poser. Nous avions envie de vivre une vie de village, pour favoriser les rencontres et échanges (et progresser en espagnol!), au bord de l'eau pour les joies de la baignade. Or, si le Costa Rica est un paradis pour les surfeurs, les endroits "baignables" avec des enfants sont à sélectionner.
La côte caraïbe est un peu à part dans ce pays. Plus d'un tiers de la population y est d'origine afro-caraïbe, descendants d'ouviers venus travailler dans les bananeraies. Longtemps, cette région a été délaissée par les pouvoirs publics, une discrimination raciale a ainsi perduré jusqu'en 1948 (les costaricains noirs n'avaient pas le droit de vote et ne pouvaient pas accéder à la vallée centrale). Il est écrit (le lonely planet..) que la pauvreté y est plus importante qu'ailleurs dans le pays. Côté géographie, une grande partie de la moitié nord de la côte est inaccessible par la terre, il y a de nombreux marécages, et la jungle est dense. Et il y pleut plus qu'ailleurs...
Cahuita est un village noyé dans la végétation, c'est comme si la forêt descendait dans la mer.
Le village n'a pas de route goudronnée, mais deux petites supérettes. Les maisons sont souvent en bois, des bicoques sur pilotis, toit en tôle, avec souvent une charmante clôture de barbelés.. Ils sont fans du barbelé ici, on en trouve même des bouts en pleine jungle! Un peu à l'écart, il y a quand même pas mal de magnifiques propriétés avec jardins tropicaux. Partout, ça crache les décibels. Bob Marley is not dead. Un petit côté ringard, mais plutôt sympa au fond. Nous ne regrettons pas notre choix. C'est assez touristique à cause du parc national à côté, donc beaucoup de logements sont des locations, mais ça ne trahit quand même pas le côté un peu, comment dire, traditionnel, authentique, rustique? On fait tout à pied, ou en bus quand on veut quitter le village.
Les gens sont souriants et détendus, disent bonjour facilement, les conversations sont pour l'instant limitées du fait de notre espagnol balbutiant. On n'est bien sûr pas tout seul. Il y a pas mal d'américains dans les parages. Mais si on se lève tôt, on peut facilement se retrouver tranquillo sur les sentiers et les plages.
Nos journées sont en grande parties mobilisées autour des temps scolaires pour léo, qui suit le CE1 via le CNED. Nous lui donnons les cours à
tour de rôle.
Nous avons consacré pas mal de temps à chercher une maison à louer (alors qu'en France, nous cherchons une locataire, celle que nous avions trouvé nous faisant faux-bond!!), ce qui a eu l'avantage de rencontrer pas mal de villageois, et de nous créer un petit réseau. En ce moment nous logeons chez une espagnole très sympa, prof de français, qui a trois garçons (plus âgés que les notres). Elle nous emmène faire les pleins de courses à la "ville" (Limon, à 30mm d'ici). Par son intermédiaire nous avons pris notre premier cours de yoga, donné par une américaine sur la terrasse de sa superbe propriété, face à la mer, gracieusement pour les gens du village.
Hier soir nous sommes allés à une conférence sur la protection des tortues, à la salle communale de Cahuita. Nous avons compris un mot tous les quart d'heure, mais bon, on profite de toutes les occasions pour créer des échanges!
Nous achetons toutes les semaines nos fruits et légumes à deux ticos sympathiques qui passent en camionnette, et qui ne parlent pas anglais. Les premiers échanges étaient assez comiques, surtout pour nous expliquer comment cuisiner tel ou tel légume inconnu. Nous adaptons notre régime alimentaire au pays: haricots-riz, ou riz-haricots selon l'inspiration, et jours de fête, riz-haricots-coriandre!
Nous commençons à connaître des gens à force de les croiser tous les jours. Dans la rue principale traînent quelques zonards, figures emblématiques du village. Deux ou trois petits trafiquants de drogue, l'animateur de rue: un vieux chanteur rasta blanc avec sa guitare désacordée qui brâme du reggae comme un goéland enroué du matin jusqu'au soir, le dragueur de jeunes touristes américaines qui les guette à leur descente de bus...
Voilà, nous commençons à avoir nos petites habitudes... (Nous ne sommes pas encore allés à la messe, il y a 5 lieux de culte ici, l'embarras du choix!!..)
Le mot juste n'est sans doute pas paradisiaque pour décrire le décor. Ca n'est pas la carte postale, type Seychelles, mer bleue et cocotiers. Tout est vert et bleu. Ou vert et gris quand le ciel est plombé, ce qui est quand même assez fréquent à cette saison des pluies (on se disait tiens, il pleut pas trop pour une saison des pluies, est-ce notre vie bretonne qui nous a blindés? Ben en fait non, ici c'est actuellement la sécheresse, alors que la côte pacifique croule sous des trombes d'eau...). La mer est claire et il y a bien des cocotiers. Il y a une plage de sable blanc et une de sable noir (devant chez nous). Ce sont des grandes plages d'environ 1 km. L'eau est très chaude, environ 30 °C ! Ce n'est ni très poissonneux ni très coloré, faute de corail. Mais là où il en subsite quelques "patates", on croise des poissons perroquets et des langoustes (on ne fait que les regarder, le récif est un espace protégé!). Le tout est animé par les cris des animaux. C'est dépaysant c'est sûr, assez fascinant, grisant, cette jungle qui borde la mer, se baigner en entendant les singes hurleurs, voir des plantes incroyables, des arbres immenses, des animaux inhabituels. C'est la puissance de la nature, on se sent tout petit, nous sommes impressionnés sans être oppressés, c'est le bon dosage!
Le premier contact avec les singes était sonore. D'abord on se demande ce que c'est, si c'est un chien (il y en a pas mal dans les rues ici), ou autre, mais on ne pense pas spontanément à un singe. C'est un long cri sourd et rauque, un grognement qui monte progressivement en puissance. On l'entend souvent tôt le matin (vers 5h, ça remplace le coq!), mais aussi en journée. On les appelle les singes hurleurs, et c'est pas du flan!
Notre première rencontre était complètement inattendue. Je (myriam) travaillais avec Léo un cours intitulé "découverte du monde" dans le patio de notre location, quand nous avons été interrompus par l'arrivée subite d'une quinzaine de singes venus se poser juste au-dessus de nos têtes!! Le bonheur à l'état pur.. Un vrai régal durant deux heures à les observer évoluer de branches en branches, des mamans avec leurs petits accrochés sur le ventre, de gros mâles poussant des cris rauques et puissants! Après tout ce ramdam, ils se sont posés pour une sieste, avant de repartir discrètement dans l'après-midi. En voilà de la découverte du monde en direct!
Régulièrement nous nous baladons dans le parc national qui jouxte le village. C'est facile d'accès, le sentier est assez large, et même balayé par endroits !! si! si!, donc on voit bien où on met les pieds. Nous ne nous lassons pas d'observer les singes (on en voit à chaque sortie en forêt). On peut se régaler les yeux et les oreilles avec des oiseaux de couleurs différentes (dont des toucans, superbes! des colibris, des échassiers..), des paresseux, des "mapaches" (famille des ratons laveurs), des agoutis, des papillons de toutes les tailles et de toutes les couleurs (dont le superbe blue morpho d'un bleu électrique), des écureuils.. Et puis aussi des moustiques. C'est le côté un peu galère, et pas que le soir. On apprend à se protéger. Ce n'est pas non plus l'invasion, mais on a tous quelques piqures quotidiennes. On n'a vu un serpent qu'une seule fois. Tout petit. Jaune vif. Accroché à un grillage. Mortel. Nous sommes prudents.
Les enfants apprennent à chuchoter et à se faire discrets pour observer la nature, et arrivent à repérer les animaux. Ils s'amusent à laisser des marques au sol quand on croise un paresseux, et après deux heures de balade, constatent au retour que le paresseux n'a pas bougé! Leur conclusion "scientifique": "ben dis-donc, les paresseux y sont vraiment paresseux"!!
Parfois ils se lâchent un peu, comme l'autre jour où ils chantaient, mais cela n'a pas effrayé les singes (des sapajou capucins) peu farouches, au contraire, ils se sont approchés tout près, intrigués, déclenchant une partie de grimaces avec les enfants!
Isaac galope désormais, tout nu sur les plages.Il a pas mal de petits boutons sur le corps, dûs à la chaleur. Un tico nous a donné en arrivant de l'aloé vera de son jardin pour lui en mettre dessus, puis une autre personne nous a donné des plantes au nom inconnu, pour en faire des cataplasmes qui sont très efficaces! Les deux grands sont devenus des pro des circuits de billes dans le sable, et léo s'éclate avec son masque et tuba. Ils sont épanouis ici, prenant les choses comme elles viennent, "tiens, un singe!", et hop, la vie continue. Sacha, quelques jours après notre arrivée, nous confiait quand même: "j'arrive pas à croire qu'on est au Costa Rica, je crois qu'on est toujours à l'ombre"!
Nous avons fait quelques balades, à Puerto Viejo de Talamanca (à 30mn), plus touristique qu'ici. Il y a des étals de vendeurs de paréos, pipes à herbe et autres gadgets le long de la mer. Ca brasse beaucoup plus. Le bord de côte est très beau, de longues plages très prisées des surfeurs, notamment un endroit nommé "la salsa brava", tout un programme! La mer était calme, nous n'avons donc pas eu droit au spectacle!
Dimanche nous avons passé la journée à manzanillo (une heure de bus d'ici), très beau, sauvage. Nous avons marché deux heures en forêt, là il n'y a pas de sentier balayé, il faut même presque se frayer un chemin parfois, mais c'est encore très beau et plus impressionnant que cahuita.Les forêts ne se ressemblent pas, la végétation est différente. En plus là-bas il y a un peu de relief. Le bord de mer était peuplé de ticos venus passer le dimanche par cars entiers, avec barbecues, tentes... un match de foot complètait l'animation. Nous nous sommes posés au milieu de cette agitation, les gens gentiment viennent s'enquérir de nous. Un tico a offert bière, biscuits.., tout ce qu'il trouvait dans son coffre et qui lui passait sous la main à sebastien.
Ce soir on mange des crêpes, le dépaysement de nous fait pas renier nos origines! Hasta pronto!
Posté le 04.11.2007 par costaricabali
Quelques éléments géographiques et historiques très résumés du Costa Rica!
Le Costa Rica (la "côte riche") est un pays de 51 100KM2 situé en Amérique Centrale, entre le Nicaragua au nord, et le Panama au sud. L'Océan Pacifique le borde à l'Ouest, et la Mer Caraïbe, à l'est. Il est coupé en deux sur sa longeur par une chaîne de volcans, avec des sommets à plus de 3000M.
Au XIXéme siècle, il est le premier pays d'Amérique Centrale à cultiver le café, et devient alors le plus riche de la région. Pour acheminer et exporter cette denrée, ils construisirent un chemin de fer, plantant des bananes le long de la voie pour nourrir les ouvriers, et les exporter. Début XXème, le succès de la vente à l'étranger fit du Costa Rica le premier exportateur de bananes. Le pays a alors un système d'enseignement public gratuit, des salaires minimums garantis, et des lois de protection de l'enfance.
En 1948, après une brève grève et guerre civile, Figuerres, personnage clé de la démocratie costaricaine, fit payer des impôts aux plus riches, nationalisa les banques, donna la pleine nationalité et le droit de vote aux femmes, noirs, amérindiens, minorités chinoises, et abolit l'armée.
Ses presques 4 millions d'habitants, surnommés les ticos, sont aujourd'hui fiers de leur pays, parfois qualifié de "Suisse d'Amérique Centrale" pour la beauté du décor, le style de vie confortable, et sa démocratie pacifique. "Pura vida" (la vie pure) est la devise du pays, mise en avant sur les dépliants touristiques, mais aussi par les ticos que nous croisons, qui l'ont bien adoptée.
Le Costa Rica est aussi nommé "pays de l'écotourisme", ou du développement durable. Il jouit en effet d'une grande biodiversité: près de 850 espèces d'oiseaux, environ 260 espèces d'animaux, un des écosystèmes marins les plus diversifiés au monde sur le plan biologique, plus de 10 000 espèces de plantes vasculaires... La prise de conscience de cette richesse se concrétisa dans les années soixante par la création des premiers parcs nationaux. Aujourd'hui, presque un tiers du pays est protégé. Il y a peu de vestiges des civilisations disparues, balayés par des pluies torrentielles.
Le tourisme aujourd'hui fait entrer plus de devises que la banane et le café, mais avec sa part d'inconvénients (augmentation des infrastructures, du prix des terres pour les ticos..).
Posté le 04.11.2007 par costaricabali
Pourquoi ces voyages?
Au départ l'idée était de faire une rupture d'un an avec le quotidien, pour s'ouvrir à d'autres horizons.
Nous (myriam et sébastien) souhaitions également prendre du temps avec nos trois garçons (léo 7ans, sacha 4ans, et isaac 1an), après nous être beaucoup consacrés à la rénovation de notre maison durant deux ans, mais nous voulions aussi leur faire découvrir d'autres cultures. Nous avions déjà fait cette expérience après la naissance de sacha, pour partir plusieurs mois aux Antilles, et n'avions jamais regretté ce choix! Cette fois ci nous avions envie d'apprendre l'espagnol, passer l'hiver au chaud tant qu'à faire, et nous dépayser. Nous n'étions jamais allé en Amérique Centrale, et le Costa Rica était séduisant, pour sa faune et sa flore, et son côté "tranquille". Mais d'un autre côté, l'Asie nous attirait beaucoup, l'Indonésie notamment. Le choix était difficile, si bien que nous nous sommes décidés à aller à la rencontre de ces deux pays! Le Costa Rica est donc notre première étape, nous y sommes arrivés début octobre, et nous y restons jusque début février.
Pourquoi ce blog?
Plusieurs amis nous ont suggéré de créer un blog pour donner des nouvelles à notre famille, amis et connaissances, avec surtout la possibilité d'y joindre pas mal de photos. Cela leur donne ainsi une idée du monde dans lequel nous évoluons et c'est un support de communication assez pratique (ce qui n'empêche pas les mails plus personnels ou la bonne vieille carte postale!). Pour les gens qui s'intéressent à ces pays, cela peut également donner une approche (nous nous en sommes nous même inspirés avant notre départ!), sachant qu'elle est bien sûr toute personnelle et donc subjective!
Nous y mettrons donc des photos diverses (ce ne sera pas toujours du grand art!), de paysages, d'animaux, d'ambiance de rues.., et des photos plus personnelles pour les proches. Nous ferons un petit journal de bord (comme nous avions fait aux Antilles par mail alors, les techniques évoluent!), au fil des événements.
Mais c'est aussi un outil d'échanges, donc n'hésitez pas!
Et puis le blog nous séduit dans l'idée qu'il n'impose rien à personne, donc libre à vous de nous suivre dans nos découvertes..