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Nom du blog :
costaricabali
Description du blog :
huit mois de voyage au Costa rica et a Bali avec trois enfants de 7, 4 et 1 an.
Catégorie :
Blog Voyage
Date de création :
29.10.2007
Dernière mise à jour :
09.06.2008
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fin du voyage

Posté le 09.06.2008 par costaricabali
Ubud, fin du voyage, 10 juin

Traversée plus mouvemetee pour Gili Air. Isaac et Sacha sont bien malades, et le reste de la famille pas franchement vaillant. Un probleme de moteur rallonge le trajet, et nous arrivons la nuit bien tombee, en nous tortillant sur Bob Marley, que les matelots ressuscitent dans leurs haut-parleurs. Bob Marley au Costa Rica, Bob Marley en Indonesie, Bob Marley incontournable (seulement sous le soleil ? On ne l’a pas entendu en Norvege…).

Pour ceux qui suivent les « épisodes », nous avons encore une fois l’occasion de vérifier que l’éloignement favorise le rapprochement ! Notre retour est tres chaleureusement accueilli sur l’île.
Isaac retrouve ses tours a vélo, auxquels s’ajoutent des virées en cidomo. Il part parfois avec une charrette, et revient 1h plus tard dans une autre. Ce sont ses tours de manège a lui ! Il a tout le temps des trucs a manger dans les mains. Il a moins d’appioris que nous sur la nourriture, et savoure de la peau de vache transformée en chips, que nous boudons…

Les jours s’égrainent dans la douceur de l’île. Il n’y a plus que nos cerf-volants dans le ciel, c’est la saison des combats de crickets qui a commence. Ils les attrapent la nuit a la lueur de la torche, et les font combattre aux creux de bambous.
Nous testons une « party » locale au legend bar avec Anne et Gilbert, qui se termine tard dans la nuit sous les étoiles, perches en haut d’un arbre a refaire le monde, avec Anthony, qui voyage avec femme et enfant.
Et pour notre dernière soirée, une autre « party » au blue bar, ou joue sur la plage le Gili Air Band. Un grand moment de massacre de la bamba, Simon and Garfunkel (encore eux !), et l’incontournable B.M… Les nombreux couacs n’entament pas le moral de nos trois gars, qui se déchaînent sur la piste de danse sous les étoiles, un vrai bonheur !
Nous quittons l’île a l’aube, en emportant dans un coin de nos têtes tous ces visages (Harry, Kar, Marini, Didi, Danny, Tchin, Riska, Mia…) et les instants partages, avec comme toujours le pincement au cœur et le point d’interrogation qui plane : reviendra-t-on un jour ?

Nous savourons chaque instant passe de ce voyage qui se termine. Aucun regret d’avoir choisi de vivre cette aventure, surtout quand nous observons les enfants évoluer à leur aise au cœur d’un autre univers.
Leo questionne les voyageurs que nous croisons pour savoir comment est le monde ailleurs. Il se débrouille bien dans les échanges avec les indonesiens ou les touristes. Il s’est bien mis à l’anglais et a plaisir à enrichir son vocabulaire. Il a travaille plutôt sérieusement ses cours du CNED malgré un contexte pas toujours évident (rarement le silence d’une salle de classe, des parents-profs débutants et pas toujours patients !). L’année de CE1 n’a pas été perdue pour lui, et s’est en plus enrichie de ses propres découvertes.
Sacha continue à prendre la vie comme elle vient, a toujours trouver a chaque fois que c’est le plus bel endroit sur terre. Il s’approprie tellement bien l’univers qui l’entoure, qu’il nous a demande l’autre jour : « mais comment ils font les indonesiens pour savoir qu’on est des touristes ? »… !! Lui aussi a pris le virus du voyage, il aimerait maintenant aller en Afrique, voir les girafes et les lions…
Et Isaac, qui fêtera ses 2 ans dans deux jours au-dessus des nuages, est plein de confiance dans le monde qui l’entoure. Son cote indépendant et débrouillard de plus en plus marque, tout va bien tant qu’il y a a manger et des vélos !
Quant a nous, ben, on a pris un grand bol d’air frais…!
A bientôt pour ceux dont nous allons croiser le chemin, et bon vent a tous les autres !




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mi-mai Ubud

Posté le 16.05.2008 par costaricabali
mi-mai

Nous quittons Gili Air avec regrets, parce que de droles de plaies sur les fesses d’Isaac nous inquietent un peu. Direction Mataram, la grande ville de Lombok, et son hopital. Retour brutal a l’agitation humaine et aux ronronnements des centaines de mobylettes qui parcourent la ville. L’hopital est un vrai labyrinthe, comme partout, des annonces sont passees par haut parleur. Sacha demande si on est a l’aeroport… Diagnostique du dermato: impetigo, que Sacha recuperera. Vive les familles nombreuses et les joies du partage!!

Nous prenons un ferry pour Bali le lendemain, du port de Lembar, niche dans une jolie baie surplombee de relief. Une dizaine d’enfants nus sautent du toit du ferry dans l’eau a son depart, un saut de plus de 15 metres! Des indonesiens accrochent a l’arriere plusieures grosses ligne de peche, defiant toute regle de securite! Ils auront quelques beaux poisons a l’arrivee…

Nous voila a Ubud, dans les terres de Bali. Une ville incontournable dans tout parcours de bon touriste qui se respecte, avec ses musees, spectacles de danses traditionnels, marionnettes en ombres chinoises, galeries de peinture, et autres boutiques. Mais bon, avec aussi ses trottoirs, ses embouteillages, et ses mobylettes aux pots d’echappement brulants. Isaac en fait la malheureuse experience, et lui aussi est atteint du syndrome du touriste d’Asie du Sud-Est, reconnaissable a sa tache brune sur la jambe . Nous visitons la clinique d’Ubud…
Mais Ubud enchante aussi par ses rizieres toutes proches, certaines au coeur de la ville. Et nous nous perdons avec delice dans ce patchwork de verts et de marrons, un décor et des gestes qui semblent hors du temps, comme s’ils ont toujours existe. Des centaines de canards barbottent ca et la.
Et Ubud, comme toute ville qui se respecte, a son terrain de foot, ou nos gars peuvent se defouler et se perfectionner dans l’art du cerf-volant. Ici les engins sont en plastique, pour survivre aux plongeons reguliers dans les rizieres!
Au bout de notre rue, Monkey Forest, un morceau de jungle etonnant, avec des temples moussus entoures de lianes, et une colonie de macaques qui attendent que les touristes les gavent de bananes. Nous y allons un soir assister a d’importantes ceremonies, et c’est assez irreel de voir surgir dans cette foret a la nuit tombee, les balinais charges d’offrandes, guides par la lumiere du temple et les sons de gamelans.

C’est un autre visage de Bali que nous decouvrons ici, avec le touriste assez omnipresent (et enormement de francais!), et ce qu’il faut pour le contenter. Nous ne sommes pas mecontents d’ici quelques jours, de partir sillonner la campagne balinaise, decouvrir de nouvelles facettes de cette ile des Dieux…
Sampai jumpa! (je traduis pour ceux qui ne maitrisent pas l’indonesien: A bientot!)

Fin avril

Posté le 28.04.2008 par costaricabali


Nusa Lembogan, au large de la cote sud-est de Bali, un gros coup de coeur pour nous. Sur la plage ou nous accostons sont posées des dizaines de petites barques étroites. En toile de fond, des cocotiers, des cahuttes en osier tresse, et une forte odeur qui plane dans l'air, celle des algues séchées.
Sur cette ile, 85 % des 7000 habitants se sont convertis en moissonneurs de l'océan depuis 1985, quand des nordiques ont initie les pêcheurs à la culture des algues. Une pensée pour les goémoniers de notre village breton, mais ici ils ne se contentent pas de récolter les algues eucheuma; à la dérive ou sur la plage, ils les font surtout grandir. Ils les attachent le long de bouts qu'ils tendent entre des piquets de bambou plantes dans l'eau.
Ces petits champs marins forment des patchworks colores assez étonnants, dont les nuances variant en fonction de la marée et de l'intensité de la lumière. A cela s’ajoute le spectacle de la récolte des nouvelles pousses à marée basse, tous les 45 jours. Le bord de mer se transforme en une véritable fourmilière alors. Tout le monde s’y met, certains en barque qu’ils poussent avec une perche, d’autres à pied, tirant leurs paniers en osier tressé posés sur de grosses chambres à air qu’ils trainent derrière eux. Nous avons un soir la chance de les voir récolter à la nuit tombée, à la lueur de lampes à pétrole posées sur chacune de leur barque. Ils font ensuite sécher leurs algues sur des bâches bleues le long de la côte et autour de leurs cahuttes, avant de les exporter, pour qu’elles soient transformées notamment en émulsifiant pour glaces, fromages… Tous nous dissent que cette reconversion a amélioré leur niveau de vie (l’électricité est arrivée en 2005, les mobylettes se multiplient…), mais la misère reste quand même perceptible.

Nous passons plus d’une semaine à sillonner l’ile, euh, bon, seulement 4 km de long sur à peine 2 de large, mais on prend notre temps, on prend le rythme balinais, tranquille. Nos flâneries nous mènent surtout à la rencontre des iliens, qui s’arrêtent pour nous saluer, toujours disponibles et souriants, quand ils n’éclatent pas franchement de rire en nous voyant. Le spectacle de notre famille, avec Isaac dans le dos, les amuse beaucoup. Et nous nous amusons de leur amusement! Les vieilles femmes au sourire plus qu’édenté viennent souvent au contact, et veulent toucher les enfants, leurs cheveux, leur peau. On se fait l’effet d’extra-terrestres dont elles voudraient vérifier la réalité! Léo et Sacha sont un peu impressionnés par ces visages ridés, auxquels on a du mal à donner un age… Merci les garçons, véritables passeports pour nous ouvrir l’échange!
Au sud de l’ile, une passerelle suspendue rejoint l’ile de Ceningan.

Dans l’eau Claire, Léo et Sacha découvrent avec leurs yeux d’enfants le monde de Némo qui s’offre à eux grandeur nature! Des rouges, des bleus, des jaunes, à rayures, à pois, grands, petits, longs, ronds… sur fond de corail coloré. Un monde sous-marin bien plus riche que celui que nous avions découvert aux Antilles. Le plaisir que prennent les enfants est un vrai bonheur! La cerise sur le gâteau pour Léo quand il accompagne avec Sébastien une équipe de plongée bouteille, et nage au-dessus de raies mantas!! Le 1er avril, les enfants nous scotchent dans le dos des scalaires, poisons perroquets, raies mantas…, l’océan indien et ses trésors à écailles les inspire!

Avant de rejoinder Bali, nous passons une nuit sur Nusa Penida, une ile voisine, bien plus grande (50000 habitants), qui vit aussi au rythme de l’algue et des poissons. Ces iles ont une reputation un peu douteuse pour les balinais, ils n’y vont que s’ils ont des mauvais esprits à calmer. Autrefois terre d’exil pour les criminels, elles auraient dans leurs croyances servit de refuge à un monstre qui cherchait à détruire Bali.
Nous sillonnons l’ile en bemo (petit bus local), découvrant des collines verdoyantes, des petits hameaux ou nous croisons quelques femmes âgées à demi-nues. L’ile reste rustique, délaissée par les touristes, mais comme partout ailleurs, le tableau n’est pas fige. Le long de la route principale, une station de service flambant neuf est en installation…
Vetus d’un sarong (rectangle de tissu aux imprimés colorés) entouré d’une ceinture, nous rampons pour pénétrer dans la grotte de Goa Karangsari. La grotte, tapissée de chauve-souris, traverse une colline sur plus de 200m de long, et 15m de haut, pour déboucher sur l’autre versant, un paysage de montagne superbe, avec quelques singes en prime. Un endroit etonnant, avec en son Coeur un temple, ou nous croisons quelques personnes en tenues de ceremonies, venues deposer des offrandes. Un endroit hors du temps, si ce n’était la parabole à la sortie permettant à une télé de ronronner face au temple des d'absurdité que nous ne décodons pas, mais qui se devinent au 1er coup d’oeil. Quand les traditions croisent le “progrès”, ça fait parfois de drôles de mélanges…

Nous quittons Nusa Penida à bord d’une barcasse chargée indonésiens en tenues de cérémonie, qui vont porter leurs offrandes sur Bali. Ils sont beaux, dignes, fiers, certains ont quelques grains de riz collés sur le front, et en haut du torse, comme un médaillon. Une famille se fait prendre en photo avec nous, l’exotisme est des 2 cotés!! Sacha fait le trajet sur les genouyx d’une indonésienne, qui le prend d’autorité, il n’ose plus bouger pendant tout le voyage!
Arrivée à Padangbai, sur la cote Est, petit village mais grand port d’embarquement pour Lombok. Nous y passons plus de temps que prévu, attendant que l’estomac d’Isaac se requinque. Cette pause involontaire nous offre l’occasion d’assister à d’importantes cérémonies. Toutes en superbes tenues, les femmes portent fièrement d’impressionnantes pièces montées de nourriture, encens… astucieusement agencées dans des coupelles argentées. Les instruments de musique, fanions et sortes de marionnettes humaines participant au défilé de temple en temple. Nous assistons a des danses d’une grâce exquise, à la manipulation du pantin humain… Notre connaissance de l’hindouisme est trop sommaire pour que nous donnions du sens a ce que nous voyons, et les infos que nous recueillons ne nous éclairent pas plus. Tant pis, nous nous laissons porter par la beauté du spectacle.

Nous nous embarquons pour 6h de mer sur un drôle de rafiot pour les iles Gili, au large de Lombok. Douce traverse qui nous permet d’admirer la cote balinaise, son relief qui tombe souvent brutalement dans la mer, avec le volcan Gunung Agung qui domine d’une bonne tête. Une cinquantaine de dauphins nous offre un ballet nautique, avec d’incroyables cabrioles pour la grande joie des enfants. Isaac, lui, ne verra pas le spectacle, endormi dans son lit parapluie que nous avons monté au milieu des voyageurs. Nous finissons le trajet sous les étoiles. Léo s’est posé tout à l’avant avec les matelots qui fredonnent du…Boney M!!

Des cidomos, petites carrioles en bois tirées par des petits chevaux, attendant les passagers. Nous nous entassons avec nos bagages, et le cheval s’élance dans le noir sur des chemins de terre pas vraiment plans…une arrivée un peu acrobatique!!
Nous avons choisi, parmi les 3 iles Gili, Gili Air, la plus peuplée (1800 habitants), mais moins prise d’assaut par les touristes. Juste en face se dessinent les montagnes et la cote de Lombok, et à la nuit tombée la mer scintilla des lumières des lamparos, qui tentent de provoquer la rencontre du poisson et du pêcheur.
L’ile est tranquille, à l’image de ses habitants, qui résistent à l’introduction du scooter. Leurs siestes sont trop précieuses. Ici comme ailleurs, ils s’affalent souvent sur des paillasses collectives, posées sur pilotis, à l’ombre d’un toit de paille. Le calme est parfois rompu par les coqs qui se pavanent, font les beaux au milieu des poules en goguette, et aussi par le chant du muezzin, car ces iles sont musulmanes. Ces appels à la prière, 5 fois par jour, nous replongent dans notre séjour tunisien, à Sfax, ou nous avions passé quelques mois.

Les chemins de terre sur l’ile slaloment entre les cocotiers, traversent des petites portions de prairies ou paissent tranquillement des vaches brunes, contournent ou traversent parfois des petits hameaux de cahuttes. Le ciel se colore à toute heure du jour de cerfs-volants, guidés par petits et grands. Ils arrivent avec patience à les faire monter très haut, jusqu’à parfois caresser les nuages. Le long fil qui maintient le cerf-volant est recouvert d’une sorte de verre pilé, pour pouvoir trancher celui de l’adversaire à l’occasion. On devine un combat qui se joue aux cris et à l’excitation qui monte subitement d’un coin de l’ile.
La vie d’un cerf-volant est éphémère. Sur les cimes des arbres trônent un peu partout des lambeaux de papier, attestant des batailles qui se sont jouées, ou de manœuvres malheureuses. Une dizaine d’enfants nous initie aux subtilités du pilotage de l’engin, qui requiert pas mal de dextérité! Nous habillons à notre tour les cocotiers de papier…

Sacha fête ses 5 ans à Gili Air, et comme cadeau imprévu, nage pour la 1ere fois avec une tortue. Elles se plaisent dans ces eaux tranquilles, et nous les observons avec délice croquer du corail, remonter vers la surface pour sortir leur tête de l’eau, et replonger dans l’eau Claire. Avec autour d’elles les farandoles de poissons tropicaux que nous ne nous lassons pas d’admirer, en découvrant chaque jour des différents.

Notre bungalow est posé face au port, au cœur de la vie de l’ile, face à l’aire de jeu (foot, cerf-volant…), à la station de cidomos. Des chèvres, poules, vaches, enfants, pêcheurs, cyclistes… animent le décor, c’est très vivant, et nos garçons se mêlent bien à la vie locale. Isaac disparait parfois Presque une heure, embarqué par les voisins qui le posent à cheval sur leurs vélos. Il revient avec le sourire, des gâteaux dans les mains, parfois tout propre après avoir été douché par ses baby-sitters! Il progresse plus vite en indonésien qu’en français, et tous les matins interpelle les passants d’un “mat pagi”! (selamat pagi = bonjour).
Quelques jours encore à profiter de la douceur de cette ile, avant de nous enfoncer dans l’intérieur des terres balinaises. Salutations à tous, et pour ceux qui attendent des photos, mille excuses, nous avons quelques soucis techniques pour alimenter le blog d’ici. Nous ferons quelques offrandes pour que nos images puissent vous parvenir, ce texte lui, va transiter par lampaul pour arriver jusqu’à vous, vive le progrès! (Et merci Gildas…).

paris

Posté le 04.04.2008 par costaricabali
Escale parisienne. glagla.

Fin mars

Posté le 04.04.2008 par costaricabali
L’Indonesie en quelques mots

245 millions d’Indonesiens peuplent plus de 13 000 iles reparties sur plus de 5 000 km, avec une superficie de presque 4 fois la France.360 groupes ethniques parlent 250 langues. Depuis l’independence en 1949, après une occupation hollandaise, puis japonaise des 1942, la devise nationale est : “la diversite dans l’unite” (l’Europe n’est pas si loin). Suharto a ete une figure marquante de l’histoire politique recente de l’Indonesie, surtout par sa longevite au pouvoir : 32 ans. Il demissionne en 1998, incapable de faire face a une importante crise qui secoue depuis plus d’un an l’Asie du Sud Est.
Depuis, c’est Susilo Bambang Yudhoyno (surnomme SBY, c’est quand meme plus commode) qui tient les renes, avec de belles galeres a gerer (tsunamis de 2004 et 2006, grippe aviaire).

En Indonesie, premier pays musulman de la planete (87 % de la population), Bali fait figure d’exception, avec ses 3 millions d’habitants presque tous hindouistes.
L’ile des Dieux est situee a peu pres au milieu de l’archipel indonesien entre l’ile de Java et celle de Lombok. 140km d’est en ouest, 80 km du nord au sud, avec une chaine montagneuse au nord et nord est de l’ile, comprenant des pics de plus de 3000 m, des volcans, de la jungle, des forets de bambous et 20 % du territoire couvert par des rizieres.
Bali vit surtout de la richesse de son sol ( 40 % du produit brut) et du tourisme ( 40 % de l’economie de l’ile). Elle est plutot aisee par rapport aux iles voisines, meme si le revenu moyen n’y est que de 100 $ US par mois. Le tourisme, qui draine des devises et permet d’ecouler les produits locaux, a diminue fortement suite aux attentats de 2002 et 2005. Nous participons a sa renaissance recente.



Carnet de route, fin mars 2008

Nous voila poses depuis quelques jours a Bali apres une escale d’un mois et demi en France. Le retour du Costa Rica avait ete assez epique (taxi absent au rendez vous, eboulement de falaise juste avant le passage de notre bus, correspondance rate a Miami…), et la traverse de la Beauce un peu dure pour le moral. “Tous les arbres sont morts” s’etonne Leo. La nostalgie du vert costa ricain, de la luxuriance de la vie animale qui fourmille en permanence, jour et nuit, et a laquelle nous etions attaches, nous tiendra un moment. Et nous mettrons plusieurs jours a abandoner la vigilance qui accompagnait chacun de nos pas, pour eviter de possibles serpents endormis sur notre passage… En vain nous les traquerons sur l’ile de Re, ou nous faisons une escapade.
Plaisir des retrouvailles avec la famille et les amis, raclette au coin du feu, grosse tempete face a Ouessant. Les elements qui se dechainent par grande maree nous offrent un spectacle impressionnant.
Les enfants retrouvent le chemin de l’ecole ou ils sont accueillis a bras ouverts par tout le monde. Meme si c’est un passage éclair, tous participant a leur rappeler qu’ils sont a leur place, jusqu’a un panneau dans le hall, avec les textes et photos affiches de Leo et Sacha pour leurs classes. Les garcons sont contents et nous un peu soulages de ce break sans enfant, il faut bien l’avouer.
Nous n’echappons pas a la grippe, angine, conjonctivite, jusqu’aux antibio pour Isaac la veille du depart, et pour couronner le tout, une intoxication alimentaire, a l’enterotoxine staphylolcocciaue. Cela vaut bien la peine de prendre ses precautions loin de chez soi, quand le microbe guette juste derriere la porte.
Bon, le depart se profile. Nous retrouvons une nouvelle locataire, achetons une valise neuve (on en a use trois bon marche sur les pistes du Costa Rica), diminuons nos bagages de plus de la moitie et notre portefeuille itou. Bonne nouvelle a notre retour, la Caf nous sucre meuf mois d’allocations. Naifs nous avions pense qu’un conge parental pouvait etre l’occasion de vivre autre chose que son quotidien, de partager de nouveaux horizons avec nos enfants. Que nenni. Amis voyageurs, soyez mieux avises que nous, partez a la decouverte de l’Auvergne ou de la Vendee, mais si vous passez les frontieres, soyez moins gourmands. Maximum trois mois sur un an. Meme si on sait bien que nul n’est cense ignorer la loi, il ne nous est meme pas venu a l’esprit de demander la permission de sortir du territoire. Tout cela nous parait bien tordu et injuste…
Nous quittons Paris sous la pluie le jour du printemps esperant que cette date symbolique soit de bon augure pour la suite du voyage. L’excitation de la decouverte monte a nouveau et nous sommes impatients de mettre nos propres images sur ce confetti d’Asie. Les enfants, sereins, encaissent bien les 15 h d’avion et l’escale a Bangkok. Des hostesses thailandaises en tenues trad sont aux petits soins. Douceur et simplicite sont les premiers mots qui nous viennent a l’esprit pour evoquer nos premieres impressions de Bali. Nous ne sommes pas assaillis des la sortie de l’aeroport comme dans beaucoup d’autres pays.

La durete ou la rusticite parfois que l’on ressentait au Costa Rica nous semble loin. On est tente de dire que cette viree balinaise sera teintee d’une note plus humaine qu’au Costa Rica ou la nature prenait beaucoup de place dans nos yeux et dans nos tetes et ou les hommes finalement nous restaient assez inaccessibles. A voir…
Nous posons notre famille a Sanur, cote sud est de Bali, station balneaire plutot tranquille. Nous flanons, un peu hagards de tous ces decalages. Nous slalomons entre les panniers tresses d’offrandes qui jalonnent les trottoirs et que l’on retrouve jusque dans les rayons des supermarches. Ces offrandes sont renouvelees chaque jour, en signe de respect et de gratitude envers leurs divinites, ancetres, esprits et demons. Pour attirer leurs regards, elles sont composees comme de veritables oeuvres d’art, a base de fleurs, de nourriture et batons d’encens. La presence des dieux se rappelle a chaque coin de rue, statuettes, temples, sont omnipresents.
Nous retrouvons les hibiscus, bougainvilliers, oiseaux de paradis, avec en prime de nouvelles beautes, dont les frangipaniers a la jolie fleur blanche et jaune qui embaume a faire tourner la tete.
Nous commencons notre initiation au balinais, mais ce sont des mots espagnols qui nous viennent a la bouche. Nous mettons quelques jours a troquer “gracias” pour “terima kasih” ou “Buenos dias” pour “selamat pagi”. Mais grace a la methode “l’indonesien sans peine” denichee au coin de la rue de notre petit village finisterien (merci Armelle), cette langue n’aura bientot plus de secret pour nous (Note du dactylographe : ben voyons).

Isaac lui, progresse dans son langage tout a fait personnel. Un de ses premiers mots “ovoir” (AU REVOIR), la frequence des separations aidant sans doute. Et puis vient “bapoum” pour bateau. Ici, il y en a des dizaines tout au long de l’eau, en bois, superbes, multicolores, avec des yeux a l’avant pour bien garder leur cap. Ils sont tout fins, un flotteur de chaque cote, avec de belles voiles triangulaires pour les porter au large , qui nous rappellent celles des felouques tunisiennes croisees au iles Kerkennah.
Les Balinais pechent aussi a pied, s’enfoncant dans l’eau jusqu’aux aisselles, avec leurs canes, un chapeau d’osier tresse sur la tete ou un couvre chef que nous avons pris le premier jour pour un saladier, ou encore a defaut, un casque de mobylette.

Nous testons les specialites locales, notamment le Nasi goreng (du riz sauté avec legumes et oeuf sur le plat) et les satays (brochettes de viande avec une sauce aux cacahuetes) dont les enfants raffolent, Isaac compris. Nous mangeons dans les warungs, l’equivalent des sodas costaricains, parfois aussi dans des gargottes de marche, grouillant de vie balinaise.
Le ravitaillement au supermarche prend des allures de viree au coeur de veritables cabinets de curiosites. On est loin de notre petit supermercado de Cahuita. Ici, trois etages avec escalators (l’exotisme pour les enfants, mieux que la foire du Trone) et profusion de denrees completement inconnues et indechiffrables. Sucre, sale, pimente ? On fait quelques essais a l’aveuglette.
Les Balinais ont le sourire facile et c’est contagieux. Interesses ou non, ils entament tres vite la conversation (en anglais), tournee surtout vers les enfants. Nos trois garcons suscitent l’enthousiasme, ils nous trouvent tres chanceux. Car les garcons sont ceux qui veillent ici sur les vieux parents. L’aine s’installe avec son epouse a leur domicile. En general, dire a ces gens la que chez nous, les personnes agees sont parquees entre elles dans des maisons speciales declenche toujours une sorte d'ecoeurement.
Isaac est porte dans les bras au moins quatre fois par jour et joue le jeu avec complaisance. Ca lui reussit, aujourd’hui, il s’est fait offrir une glace et un engin a faire des bulles.


A Sanur, un petit sentier longe sur plus de 5 km le front de mer, vue sur l’ile de Lembongan et sur les reliefs de l’est de Bali, quand le ciel lourd et charge tantot de nuages, tantot d’eclairs et de trombes d’eau, ne les camouflent pas. Des petites boutiques, des restaurants et des hotels d’un luxe et d’un raffinement insoupconnes se succedent. De hauts bambous sont plantes un peu partout, recouverts de tissus flottant au vent, qui font de jolies touches colorees, melees a celles des barques a balanciers.

Le touriste a Sanur est bien moins “roots” qu’au Costa Rica, plus gras, plus gris, les Australiens et Japonais ont remplace les Americains. Nos decalages un peu recales, nous aspirons maintenant a quitter cet univers un peu trop dedie au tourisme a notre gout, pour plus d’authenticite. L’ile que nous avons en ligne de mire s’appelle Nusa Lembongan. Peut-etre que la bas les Balinais chantent autre chose que du Simon and Garfunkel a la nuit tombee...


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